Artboard 12
Peintre

Nicolas Pesquier

Pour le jeune peintre conscient de l’histoire qui le précède, la toile ne peut être que le lieu d’une reconquête, l’espace pour une renégociation des frontières, lieu d’engagement et de désapprentissage, d’effacement, de recouvrement ou de révélation de la trame existante, et enfin, territoire pour la mise à l’épreuve du goût. Elle est le théâtre d’un conflit entre les couches et les plans, désaccords colorés, luttes des motifs et des formes. Tout en répondant à une logique expérimentale, la peinture de Nicolas Pesquier est traversée par les enjeux propres à son médium et concernée par des réflexions historiques et sociales. Cette géopolitique sur châssis (ou sur toile enduite), dont l’objectif n’est que de réanimer le geste pictural, se déploie dans une peinture réalisée sur tissus imprimés, qui compose le décor le mieux admis sur les murs d’un salon.

Dans la série Guéguerre, un textile au motif de camouflage (qui s’est répandu dans la mode vestimentaire et de décoration) constitue l’arrière-plan de peintures abstraites. Elles ont pour titre des batailles historiques, et portent de fait une double date suggérant, sinon l’inévitable bégaiement de l’histoire de l’art, une actualisation de la peinture de guerre : Austerlitz (1805), 2014. Les prémices de la guerre est une étude préparatoire pour laquelle l’artiste s’est intéressé à l’historique du motif du camouflage créé par des artistes durant la Première Guerre Mondiale, signant par la pragmatique un lien fort entre l’art abstrait et la guerre (…)

Julie Portier, EESAB, 2015.

Inspirations