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Focus On

14.11.2017 - 11H24 par La peau de l’ours

Focus On Benjamin Ottoz

Pour La peau de l’ours, les meilleures découvertes se font généralement autour de l’art ou de la gastronomie. Et notre rencontre avec l’artiste Benjamin Ottoz ne fait pas exception à la règle.

C’est dans son atelier, quelques jours avant l’inauguration de sa dernière exposition personnelle à Bruxelles, que nous retrouvons l’artiste et découvrons une passion commune pour… les vins de Bourgogne.

In Vino Veritas

Evènement incontournable de son calendrier, Benjamin Ottoz participe chaque année aux vendanges du prestigieux Domaine Coche Dury, à Mersault.

Un soir dans les vignes, Benjamin lève la tête vers un ciel noir et profond parsemé d’étoiles, ce citadin retrouve alors une sensation enfouie qui résonne avec ses lectures et son travail de peinture.

C’est en regardant le ciel, au milieu des vignes, que j’ai retrouvé cette sensation du cosmos…

Comme un retour à la terre pour l’artiste qui lui inspira l’œuvre « Cosmos 2. 1/2», ciel étoilé composé de plusieurs couches de couleurs sombres, teintées de violet et de bleu, pulvérisées sur un grand papier Arches.

Ce ciel repose à terre, sur un socle bas pouvant évoquer une sépulture ou un tombeau. Evoquant la perte d’un certain rapport au monde. Ce ciel que l’on « prend » de haut, un des nombreux trompe-l’œil que l’on retrouve dans la démarche de Benjamin Ottoz.

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Dans son développement créatif, Benjamin se trouve à la croisée de plusieurs médiums. De fait, il y a du photographique, du sculptural dans ce travail de peinture. Lorsqu’il froisse, gondole ou plie le papier, Benjamin se retrouve dans la posture d’un sculpteur qui donne au plan un relief, qui le structure en volume.

La projection de peinture au pistolet renvoie à des problématiques de photographe. En effet, l’artiste parle d’angle et de focale de projection, la qualité et la quantité de peinture projetée renvoient à des notions de contraste, de grain ou de dynamique… Autant de variables qui empruntent au langage et aux techniques photographiques.

L’artiste commence par sculpter une feuille de papier, son support, qu’il travaille jusqu’à obtenir une forme. Il pulvérise ensuite la peinture sur le relief obtenu avant de tendre la feuille en l’imbibant d’eau. Il termine le processus en plaçant la feuille sous presse afin de lui rendre sa forme initiale. Le résultat obtenu est déroutant, il agit comme un trompe-l’œil et offre au spectateur un point de vue pour le moins troublant.

Drapé, paysage, trompe l’œil, le travail de Benjamin Ottoz fait référence à l’histoire de l’art. Il nous livre une interprétation contemporaine de l’histoire de la peinture. Le clin d’œil se fait jusque dans les titres où l’artiste utilise un code, comme les peintres de la Renaissance.

Serendipity

La serendipity peut se définir par le fait de réaliser une découverte ou une invention de façon inattendue, et souvent en recherchant un autre sujet.

C’est donc par accident, alors qu’il travaillait sur un tout autre sujet, que Benjamin est entré dans cette recherche.

 

Je peignais une sculpture à la bombe, de la peinture pulvérisée s’est déposée accidentellement à la surface d’un papier froissé qui traînait dans un coin de l’atelier…

Plus tard, en rangeant son espace de travail, Benjamin retrouve ce morceau de papier, le défroisse, puis le maroufle au mur pour l’observer. Quelque chose était apparu.

In situ

Benjamin élargit ses recherches par un travail in-situ, sa technique lui permet d’utiliser l’environnement qui l’entoure comme support. En peignant directement sur les murs, il fait surgir les aspérités infra minces du site.Une variante dans ce travail in-situ consiste à maroufler ses peintures directement sur les murs, en extérieur, dans une confrontation au paysage qui l’entoure, comme il l’a fait récemment dans le cadre d’une exposition à l’UGC Art Box, dans le centre de Bruxelles.

Dans son travail, Benjamin Ottoz explore l’espace, celui qui est situé « entre » et nous pousse à nous interroger sur la nature de ce que l’on perçoit.

Ses inspirations

Des artistes

Lorsqu’on lui demande les artistes qui l’inspirent, Benjamin Ottoz nous site le photographe allemand Wolfgang Tillmans, l’artiste Simon Hantaï ou encore le peintre baroque, Johannes Vermeer.

Des livres

La série de livres écrits par l’historien d’art et philosophe Georges Didi-Huberman, dont un des titres « Ninfa fluida » sera également celui de la dernière exposition de Benjamin.

Des expositions

L’exposition « Intuition » organisée par la fondation Axel et May Vervoordt durant la Biennale d’art de Venise.

Mais également Les Nymphéas de Claude Monet, au Musée de l’Orangerie.


Photos : Miles Fischler