Artboard 12
Focus On

5.02.2018 - 20H05 par La peau de l’ours

Focus On Emily Thomas

Etudiante en dernière année de la prestigieuse Chelsea College of Arts, Emily Thomas est une jeune artiste plasticienne qui explore et exploite les limites de la peinture. La peau de l’ours est fière de présenter «Disintegrating Space» et «Liminal Ecosystems», deux projets de cette artiste à l’avenir prometteur.

Pour notre rubrique «Focus On», Emily Thomas revient sur l’origine et le développement des travaux qui seront exposés à l’occasion du «Young Talents 2018».

Desintegrating Space

La génèse 

J’ai toujours été fascinée par la couleur. En 2012, j’ai visité l’exposition de David Hockney à la Royal Academy of Arts de Londres. C’était ma première visite d’une exposition d’envergure. La manière dont Hockney utilise la couleur m’a poussée à développer l’art dramatique de la couleur dans ma pratique.

En 2014, j’ai commencé à étudier à la Camberwell College of Arts pour obtenir mon Foundation Diploma in Art and Design. J’ai été exposée à un large éventail d’artistes, d’expositions et de différentes inspirations. J’ai commencé à utiliser le collage comme une manière d’explorer la composition dans la peinture. Mon tuteur, David Batchelor, m’a présentée à de nombreux artistes qui utilisaient une technique similaire, comme Thomas Scheibitz, Dexter Dalwood et Dominic Beattie.

De tous ces artistes, Dominic Beattie est celui qui m’a le plus influencée et poussée à expérimenter la peinture en 3 dimensions et le collage.

Dominic Beattie

A partir de là et durant mon master en Beaux-Arts à la Chelsea College of Arts, j’ai développé un intérêt profond pour la sculpture et les installations. J’ai commencé à m’intéresser à des artistes comme Phyllida Barlow, Jessica Stockholder et Katharina Grosse dont les installations se situent quelque part entre la peinture, la sculpture, l’objet et l’architecture.

Je suis intriguée par ce désir humain de définir tout en termes de forme et de fonction...

C’est une observation de l’architecte Robert Venturi et c’est souvent les principaux défis sur le plan conceptuel de mon travail.

Ma pratique englobe également l’architecture et le phénomène de gentrification. Ces thématiques ont été nourries par un article de Grayson Perry dans le quotidien « The Independent », ‘Grayson Perry: “Londres a besoin de logements abordables parce que ce ne sont pas les gens riches qui créent la culture », mais aussi par la photographe Jenny Lewis et son ‘Hackney Studios’ project et l’article de Joanne Preston ‘From Ferrier Estate to Kidbrooke Village: Decoding a ‘Place in the Making’.

Disintegrating Space

‘Disintegrating Space’ est une série de peintures en trois dimensions basées sur des photos d’architecture que j’ai prises à Peckham, Brixton and Lewisham.

L’œuvre a pour but de signifier l’importance de ces zones abordables pour les créatifs, parallèlement à la constante crise du logement et gentrification de Londres. Les couleurs vives qui composent l’œuvre produisent un effet visuel dramatique. Elles sont caractéristiques de ces zones abordables de Londres, ces hubs créatifs, plein d’opportunités et d’inspirations, provoqués par des créatifs et partagées avec tous.

‘Disintegrating Space’ est composée de 17 éléments différents où chacun a la possibilité d’exister seul.

Lorsque la série est présentée entièrement, à la manière d’une installation, chaque élément diminue en intensité lorsqu’on s’éloigne de son centre. Ce qui reflète la destruction des logements abordables de Londres.

Liminal Ecosystems

À l’origine, ces sculptures ont été inspirées par mes photographies d’architecture de deux zones contrastées de Londres: Peckham et Holborn.

L’architecture de Peckham est pleine de couleurs et de caractère, symbolisant sa créativité et son environnement multiculturel. Il y a aussi des exemples de maisons abordables et d’architecture brutaliste. De nombreuses zones abandonnées ont été réaffectées en espace de création, comme le vieux parking à étages maintenant connu comme le «Bussey Building Rooftop Bar and Cinema Club».

Holborn présente différents types d’architecture. C’est une zone plus riche et beaucoup de constructions n’ont pas résisté au phénomène de gentrification. Cependant, des exemples d’architecture brutaliste comme le Brunswick Residential and Shopping Centre et Lincoln’s Inn, qui est la plus vieille école de droit datant du VXième siècle, existent toujours.

Cette œuvre rassemble l’architecture de Peckham et Holborn, et célèbre le contraste de l’architecture londonienne.