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Focus On

2.06.2018 - 14H24 par La peau de l’ours

Focus on Julie Susset

C’est au prix de longues heures de route que nous arrivons dans le village de Sauve, hameau niché au pied des Cévennes

C’est dans ce cadre tout droit sorti d’un tableau de Cézanne que nous rencontrons la très libre Julie Susset.

Pour La peau de l’ours, l’artiste se livre à une interview à l’ambiance tropicale.

Peux-tu nous expliquer ton parcours ?

Mon parcours est un peu singulier. Je n’ai pas de formation spécialisée, mais un cursus scolaire classique. J’ai fait ensuite des études supérieures de commerce international entre Bordeaux, Londres et Bruxelles, ponctuées de voyages plus lointains. Mon diplôme franco-anglais en poche, je décide d’aller vivre à Paris pour donner plus de place à la création. Le cinéma me passionne. J’ai travaillé durant six ans à la promotion et la diffusion de films indépendants à travers le monde. Six années pendant lesquelles j’ai commencé à me mettre sérieusement à peindre, dessiner, photographier… Mais les mains en demandent plus. Alors je décide de tout quitter pour me consacrer pleinement à ma pratique artistique. Et j’y travaille à 100% depuis, c’était il y a 7 ans.

Ton atelier dégage une incroyable énergie qui se retrouve dans tes toiles. De quelle façon travailles-tu ?

Je peins comme je vis ! De manière instinctive, spontanée et plutôt libre ! Il n’y a pas de plans, pas de règles (j’ai tout de même quelques rituels). Des images, mes souvenirs, et mes émotions me servent de point de départ. Le travail à l’atelier est toujours accompagné de musique. J’aime l’idée de retranscrire l’énergie du moment (et son rythme) dans un mouvement fluide, comme une danse. C’est dans l’urgence que je peins souvent, dans un souffle… c’est donc important que tout soit prêt et à disposition (et en grande quantité) pour « arrêter » le moins possible l’acte de peindre. Je vais utiliser mes mains, mes avants bras pour faire les effets que je souhaite, tout mon corps est à l’œuvre, tant les formats diffèrent (mon préféré étant le grand, quand la toile me dépasse !).

J’aime l’idée de retranscrire l’énergie du moment dans un mouvement fluide, comme une danse.

Dans tes tableaux, la nature est omniprésente, peut-on appréhender ton travail comme une sorte de série sans fin ?

Je ne l’avais pas vu comme ça, mais lidée me plait beaucoup ! Oui, une série sans fin ! Mais au sens large du thème, pas au sens de décor ou de paysage seulement. Le végétal n’est que la couche finale apparente sur mes toiles, mais cachée derrière les couleurs attrayantes et les paysages oniriques, il y a surtout la nature humaine, bien vivante et ses émotions multiples… Avec comme fondement l’intention de continuer d’explorer ses sensibilités, la série pourrait être sans fin, mais toujours changeante !

Tu sembles avoir une réelle fascination pour les plantes, la nature, les paysages sauvages ?

Oui ! J’ai, et compte bien le garder, cet émerveillement d’enfant face à la beauté de la nature… qui force au respect, à l’humilité. Et même si je suis aussi boulimique de l’énergie incroyable des villes, le bien-être ressenti en extérieur est tout autre encore. Les paysages sauvages, qu’ils soient hostiles ou paradisiaques, vécus ou imaginés, sont une source d’inspiration inépuisable.

Quels sont tes futurs projets (expos, tableaux etc.)?

D’abord notre belle collaboration qui comprend Mix and Match, en ce moment à Bruxelles. Puis l’exposition collective HEUREUX HASARDS à Paris avec ALG Contemporary art, qui me représente dans le sud de la France, et avec qui je prépare aussi pour la rentrée une première participation au salon d’art contemporain YIA – Young International Artists, à Paris. Enfin, des actualités surprises encore pour fin 2018, et bien sur des projets de nouvelles toiles, toujours ! Le travail quotidien à l’atelier s’intensifie… avec des pistes de séries en parallèle de mes voyages imaginaires en jungle tropicale.  A suivre…