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Focus On

9.03.2018 - 11H56 par La peau de l’ours

Focus On Politic of Health

Pour l’édition 2018 du « Young Talents », nous avons décidé d’inviter un artiste à réaliser une œuvre s’inscrivant dans la philosophie de l’Affordable Art Fair, qui vise à rendre l’art accessible au plus grand nombre.

La peau de l’ours a choisi de convier l’artiste néerlandais Fabrice Hermans. Spécialement pour l’occasion, l’artiste plasticien a donc créé « Politic of Health », une série en édition limitée de flacons de médicaments en aluminium de plus d’un kilo et demi.

Basée sur l’œuvre originale « I feel like a machine » (un pot de pilules géant d’hydrocortisone), la série aborde la thématique de l’industrie pharmaceutique et de la consommation de médicaments sous un angle à la fois personnel et sarcastique.

« Politic of Health» traite également une autre forme de dépendance, financière cette-fois, celle du mécénat. Les bénéfices de la vente de cette série d’éditions limitées serviront à financer la prochaine œuvre de l’artiste.

Notre prescripteur, Bruno Plantin-Carrenard, qui présentait l’artiste lors de sa première sélection curatoriale pour La peau de l’ours, nous livre ici sa vision sur le dernier projet artistique de Fabrice Hermans.

Fabrice Hermans est un sculpteur pressé qui dresse des totems de médecine

Les boîtes de médicaments sont des réceptacles stables de pilules, du latin Pilula, boulettes, ces petits objets ronds, lisses, glissants et parfois gourmands qu’il faut emprisonner précautionneusement faute de quoi ils s’échappent.

La boîte ne serait-elle pas devenue le socle de ces substances parfois trompeuses : « avaler la pilule ». Trompeuses et farceuses comme l’art et la vie que Fabrice Hermans appréhende en dressant des totems comme on construit des clochers.

Il faut savoir s’accrocher à ses boîtes de pilules. La vie peut en dépendre et notre société de consommation s’est accaparée commercialement cette dépendance mortifère. Mais qu’est-ce qu’une boîte de pilules en aluminium qui ne s’ouvrira jamais ?  Un objet chargé du sens de la vie ou plutôt se rappeler qu’il faut pouvoir endurer avec patience une dose désagréable comme « on avale la pilule » ; ne serait-ce pas le crâne de la « vanité », anamorphose de Hans Holbein, dans les Ambassadeurs, qui rappelle aux vivants, aussi puissants soient-ils, qu’il faut rester humble face à la mort qui se rappelle à vous à tout instant.

Les boîtes à pilules, une Vanité des temps modernes.

 

Bruno Plantin-Carrenard