Artboard 12
Focus On

20.06.2019 - 17H44 par La peau de l’ours

ODC — ODYSSEE

ODC-Odyssey

L’artiste collagiste Olivia Descampe nous avait déjà emmené dans une balade énigmatique et captivante avec son exposition de décollages IMAGO que nous avions eu le plaisir d’accueillir en octobre 2018. Jouant avec les images autant qu’avec les mots, «IMAGO-Je m’en vais- en anglais familier », annonçait également le départ de l’artiste, nous laissant quelque peu sur notre faim.

Elle revient assouvir nos désirs de voyages insolites, avec cette nouvelle exposition intitulée Odyssée, faisant incidemment écho aux initiales de son art— OliviaDescampeCollages.

Olivia Descampe
ODC-Odyssey

Pour entrevoir l’éventail de ses œuvres et techniques utilisées, nous avons choisi de présenter deux séries : une de collages et une de décollages. Chacune des œuvres est unique et réalisée à la main partir à de magazines et publications originales des années 1950 aux années 1980. Le style distinctif d’Olivia est tout empreint de son instinct pour les heureux hasards et les erreurs fortuites.

Alors qu’elle déchirait des papiers dans un accès de colère...

C’est d’ailleurs comme cela technique distinctive de décollage a vu le jour : alors qu’elle déchirait des papiers dans un accès de colère, elle aperçoit parmi les lambeaux de papier, une composition singulière, à la fois cinglante et éthérée. Ce curieux sentiment d’heureux hasard et de providence insolite se dégage indéniablement de chacune de ses compositions. La résonnance troublante avec les textes de grands auteurs de l’écriture libre n’est donc pas vraiment une coïncidence.

Olivia Descampe

La série de collage fait la part belle à des étoffes monochromes ciselées, prenant place dans un cadre inattendu. Et pourtant, la rencontre est harmonieuse, alors que le velours, la soie et le lin flottent et se déploient, enveloppant délibérément certains éléments de leurs paysages étranges. Des moments oubliés et figés dans le temps sont alors ramenés à la vie par la caresse du délicat contraste entre mouvement et immobilité.

« Je suis vivant comme toi, et je me tiens debout à tes côtés. Ferme les yeux et regarde autour de toi, tu me verras devant toi. »

Khalil Gibran, épitaphe à Bcharré, Liban

A l’inverse, c’est avec violence, que la série des décollages arrache à l’oubli des récits de vies effacés par le temps. Lorsque l’artiste déchire pour son œuvre ces vestiges en papier, c’est le passé dont ils témoignent qui réapparait. De nouveau, un accident chanceux, alors que la destruction se fait révélation.

« Vous devez mourir à quelques reprises avant de pouvoir vraiment vivre. »

 Charles Bukowski

Telle est notre odyssée, faite des différents temps de nos vies, enlacés dans un perpétuel mouvement.

 

Olfa Alouini