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Focus On

30.07.2018 - 17H45 par La peau de l’ours

Rencontre avec Artus de Gaulejac

Artus de Gauléjac nous reçoit dans son appartement, là où se trouve sa dernière acquisition, une œuvre de Thomas Wattebled. Portrait d’un jeune collectionneur, entre objets d’art africain, artisanat d’Auvergne et art contemporain…

 durat per sanguine virtus avorum

Quel est l’origine de ton nom ?

C’est en Gascogne que tout commence ! Il faut remonter au XIV siècle où mes ancêtres qui habitaient dans le sud-ouest, ont été anoblis et ont reçu le titre de Vicomte de Puycalvel par le Roi de France. Leur château a été détruit pendant la Guerre de Cent ans et les générations suivantes se sont, au fil du temps, déplacées vers le nord.

Où as-tu grandi ?

Je suis né à Paris et ai grandi dans le 9ème arrondissement. Nous passions nos vacances familiales dans le Berry, à Bourges, où mon grand-père vit. J’ai étudié dans une école de commerce ce qui, par la suite, m’a permis de voyager.

Notamment en Afrique ?

Oui, à la fin de mes études, j’ai fait un stage pour un grand groupe brassicole. J’avais choisi de le faire en Pologne mais, ne parlant pas la langue, ils m’ont proposé de partir au Congo-Brazzaville. J’y suis finalement resté 3 ans.

L’Afrique te remet dans la simplicité des choses et t’apprend à prioriser ta vie

Qu’est ce qui t’a plu ?

Le dépaysement mais au sens large où tu fais page blanche sur tout ce que tu as connu. L’Afrique te remet dans la simplicité des choses et t’apprend à prioriser ta vie vers ce qui est réellement essentiel.

Tu as rapporté d’Afrique des objets d’art et d’artisanat local. D’où provient cette envie de collection ?

La collection est un tic familial et je suis né au milieu de l’artisanat. Mon grand-père, qui passe tous ses étés en Auvergne, a une grande collection d’outils du Cantal, un véritable musée.

 

Ce que j’aime c’est le désordre des objets...

 Comment vois-tu la collection ?

 Pour moi, une collection doit être émotionnelle. Ce que j’aime, c’est le désordre des objets. Ils doivent te raconter quelque chose. L’achat est aussi très important : le moment, l’ambiance, l’odeur, les personnes. L’acte d’achat fait partie intégrante de ma collection.

 Peux-tu choisir une des pièces qui nous entourent et partager un de ces moments ?

 Une sculpture en bronze achetée à un artiste rencontré dans un hôtel de Pointe Noire (Congo Brazzaville) où il exposait. Avant de l’acheter, l’artiste m’a emmené dans son village où il réalisait ses sculptures.  C’était complétement lunaire, j’étais sur une autre planète.

L’artiste faisait fondre des matériaux de récupération dans un chaudron improvisé à même le sol. Il coulait ensuite le métal fondu dans des moules en sable. Cet échange et le courage de ces artistes, incompris dans un pays où l’art n’est pas une priorité, m’a particulièrement touché.

« Coûte que coûte » de Thomas Wattebled fait maintenant partie de ta collection.  Qu’est ce qui t’a séduit dans cette œuvre ?

Thomas Wattebled sort des sentiers battus. Sa qualité d’artiste se révèle par la technique qu’il utilise. Il détourne des objets du quotidien pour leur donner de nouveaux horizons.

Dans « Coûte que coûte », j’aime qu’il ne soit pas facilité la tâche en choisissant comme composition un village de carte postale.


Photos: Angélique Legeleux