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Focus On

31.08.2019 - 14H31 par La peau de l’ours

Rencontre avec Fabrice Hermans

À l’occasion de prochain solo show de Fabrice Hermans, le premier à Bruxelles, nous vous avons organisé une visite privée dans l’incroyable atelier du plasticien néerlandais.

Apprends-nous en un peu plus sur ton parcours?

 J’ai grandi avec un père artiste et déjà très jeune, je savais que c’est ce que je voulais devenir. Après des études en graphisme, j’ai commencé ma carrière en tant que designer graphique. Une profession qui m’a appris à travailler les matières sous différentes approches. Plus tard j’ai suivi un programme de 5 ans à l’académie des arts de Maastricht.

En 2006 j’ai eu un problème au yeux, ma vue était un brouillard et je ne supportais plus la lumière. J’étais obligé de vivre dans le noir et j’ai commencé à dessiner et écrire. Je me suis promis que si un jour je retrouvais ma vue, je commencerai ma carrière d’artiste.

Peux-tu nous parler d’une rencontre importante ?

René et Yvette, un couple très important dans ma vie. René est une personnalité connue dans le milieu de la mode, notamment pour être dans la direction artistique d’une grande marque de jeans. René et Yvette suivent mon travail depuis le début et m’ont toujours encouragé et conseillé dans mes choix.

La voiture, entière ou en pièces détachées est un élément important de ton travail. Comment cela est-il venu ?

J’ai grandi entouré des belles voitures de mes parents. Mon père avait d’ailleurs une collection de Citroën. Dès mes 7 ans je nettoyais les voitures et pour obtenir un meilleur résultat, je démontais certaines pièces, comme l’aile arrière de la Citroën DS de mon père.

"Je me suis promis que si un jour je retrouvais ma vue, je commencerai ma carrière d’artiste"

Parle-nous d’une œuvre que tu voudrais réaliser ?

L’œuvre n’est pas encore réalisée mais dans ma tête et mon cœur, elle est prête. Il s’agit d’un long couloir avec de chaque côté des portes fermées, au milieu deux chaises qui se font faces et au plafond un tube néon. Au fond du couloir, deux larges portes de sortie dans lesquelles, lorsqu’on les ouvre, s’engouffrent un vent puissant qui littéralement vous embrasse. Comme si ce vent était content de vous retrouver après une longue période d’absence.  Cette œuvre m’est inspirée par les nombreux séjours que j’ai passé à l’hôpital quand j’étais enfant. Ce vent représente le sentiment que ma mère et moi avions à chacune de mes sorties.

Pour conclure cette interview, parle nous un peu de l’endroit où nous nous trouvons ?

Il s’agit de l’endroit où j’ai grandi. La maison et l’atelier  de mon père, plasticien, et de ma mère, institutrice. C’est un endroit particulier marqué par cette alternance quotidienne de période de calme et d’activité, de pensée et d’action. Cet endroit est habité par l’enseignement, la mythologie grecque, les voyage à travers l’histoire de l’art de l’Europe, les collection d’objets précieux et d’œuvres d’art, les voitures de luxe et tout ça est encore gravé dans ma mémoire. J’y suis revenu vivre récemment pour profiter à nouveau de la beauté du calme et de l’incroyable lumière des paysages de la région de Beekdaelen.

 

Crédits Photos: Charlotte Daerden