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Portfolio

Géraldine Hubot

Aussi éblouissante qu’enthousiaste, Géraldine Hubot relève avec brio la difficile mission de rendre l’art accessible au plus grand nombre.

C’est dans le cadre de la brasserie de Bozar que nous avons donné rendez-vous à Géraldine. Retour sur les débuts prometteurs d’une brillante trentenaire, à la tête de l’édition Bruxelloise de l’Affordable Art Fair. Un entretien pétillant, malgré ses 40°c de fièvre le jour de l’interview.

Quel parcours vous amène à devenir Directrice de l’Affordable Art Fair de Bruxelles ?

Durant mes études en marketing et communication, j’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage pour une agence de communication spécialisée dans le secteur du luxe.J’y ai fait mes armes pendant un peu plus d’un an.

J’ai ensuite eu la chance de travailler pour une autre agence qui correspondait mieux à mon univers : food, beauté, évènement, culture,… La vraie vie quoi ! L’Affordable Art Fair était d’ailleurs l’un de mes clients.

Après plus de 4 ans en tant qu’Attachée de presse, il était temps pour moi de découvrir autre chose. Je suis partie vivre un an à Budapest, en Hongrie. J’ai appris énormément de chose sur moi-même. Cette expérience m’a poussée à sortir de ma zone de confort et à partir à la rencontre d’une culture assez différente de celle que je connaissais.

En revenant en Belgique j’ai posté sur Facebook (et oui, il faut vivre avec son temps !) que j’étais à la recherche d’un Job. C’est à ce moment-là que L’Affordable Art Fair m’a proposée de les rejoindre en tant que Fair Manager. Passionnée par cet univers, j’ai tout de suite sauté sur l’occasion. Cela fait maintenant plus de 5 ans que l’aventure continue et je suis devenue entre temps maman et Directrice de la foire de Bruxelles.

À quand remonte vos premières rencontres avec l’art ?

C’est marrant parce que je me suis posée cette question il y a peu. Dans le salon familial, je me rappelle avoir toujours connu le livre ‘Andy Warhol A Retrospective’ publié par le Moma. Je devais avoir 10 ans quand je l’ai feuilleté pour la première fois.

J’étais fascinée par les couleurs, les motifs et les dessins que j’essayais de reproduire en dessinant.

Plus tard, mes parents nous ont emmenés, mon frère et moi, aux Etats-Unis. Nous y avons visité le Moma de New York et le Getty Museum de Los Angeles. Expérience qui, du haut de mes 15 ans, me plongeait dans un univers qui allait m’attirer de plus en plus.

Et puis il y a ma mère qui a joué un rôle important et avec qui j’ai toujours visité beaucoup d’expositions.

Quel est votre point de vue par rapport au soutien des jeunes artistes?

C’est un sujet d’autant plus important que beaucoup de jeunes artistes n’ont pas l’occasion de montrer leur travail. C’est un milieu très difficile, où certains talents abandonnent, faute de moyens financiers et de soutien moral.

Dans le cadre du concours Young Talents de l’Affordable Art Fair, nous permettons à des jeunes artistes d’exposer leurs œuvres dans un espace qui leur est entièrement dédié. Ils ont à la fois l’opportunité de présenter leur travail mais également d’être en relation avec les professionnels du monde de l’art. Nous donnons à ces talents émergents l’occasion de participer à un salon d’art international qui accueille plus de 17.000 visiteurs…

Quelles sont les rencontres importantes que vous avez faites dans le monde de l’art?

Des rencontres importantes dans le milieu de l’art, j’en fais tous les jours, même en vacances ! Avant de travailler pour l’Affordable Art Fair, j’ai eu la chance de travailler sur un projet avec l’artiste belge Jean-Luc Moerman. Ça a été ma première rencontre avec un artiste.

J’ai tout de suite adoré ses traits qui s’apparentent à des motifs de tatouages, ses lignes qui se croisent et s’entrecroisent et j’aime que l’on retrouve dans ses dessins sur toiles, des photos, des animaux empaillés, des murs d’habitations, des couleurs vives… Bref comme dirait Jean-Luc lui-même :

Ca part dans tous les sens!

Parlez-nous de vos plus beaux souvenirs lors de l’organisation de l’Affordable Art Fair…

Je dirais que ma première foire en tant que Directrice est un merveilleux souvenir. Quelle fierté !

Un an de préparation où l’on travaille, avec Louise (Louise Malfait, Fair Manager), à peaufiner chaque détail. Cela nous demande beaucoup d’implication professionnelle qui oblige parfois à certaines concessions sur le plan personnel.

Pour la 9ème édition de l’Affordable Art Fair nous avons fait venir une artiste que l’on a découverte sur internet ; Emmanuelle Moureaux. L’artiste nous a fait l’honneur d’installer son œuvre « 100 COLORS » à l’entrée de la foire. Moment très fort pour Louise et moi.

Il y a aussi et surtout cette montée d’adrénaline où toute l’équipe est pendue à son Talkie-Walkie en attendant mon « GO », signalant l’ouverture de la foire.

Que fait Géraldine Hubot pendant son temps libre ?

Avec une enfant d’à peine un an, j’ai beaucoup moins de temps libre qu’avant. J’essaye de le passer d’abord avec ma famille. Le week-end, on cuisine en amoureux, on bouquine, on se promène avec notre fille et on prend souvent la voiture pour flâner à Anvers.

Un mot sur votre sélection curatoriale pour La peau de l’ours?

Pour ma sélection curatoriale, j’ai choisi l’artiste, Grégory Decock, pour l’humour et l’énergie positive qu’il diffuse au travers de son art. Comme lorsqu’il détourne des installations routières, où un dos-d’âne devient le chapeau de Magritte et un sens interdit, un sourire. J’aime particulièrement sa série d’encre sur papier ‘Les nouveaux Chemins’. L’artiste donne de l’autonomie à son geste, l’encre parcours le papier de manière aléatoire pour aboutir à un résultat aux traits parfaits.

Un travail qui me ressemble : je me lance et puis je vois où cela mène… tout en essayant d’aboutir à un résultat.

Des souvenirs d’exposition?

La dernière exposition que je suis allée voir est ‘Elements’ réalisée par la curatrice Jennifer Plasman, une amie. Elle y présentait un artiste que j’adore, Sébastien Bonin.

Sinon celles de Robert Mapplethorpe et de Niki de Saint Phalle au Grand Palais, à Paris.


Photos : Miles Fischler