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SCANDALE Project

C’est au CREDAC qu’a lieu notre rendez-vous avec l’une des deux fondatrices du SCANDALE Project.

Formé par un jeune duo de curatrice, le  SCANDALE Project se définit comme un pont entre les différents moyens de diffusion de l’Art Contemporain.

Rencontre avec Lucie Scandale et Fiona Vilmer, le duo à l’origine du projet, et interview croisée entre Paris et Berlin.

Shimabuku - Des fleurs pour les voisins
CREDAC

Racontez-nous le parcours de deux jeunes curatrices…

Lucie – Afin d’être autonome dans la réalisation de projets créatifs et plus précisément l’élaboration d’expositions, je me suis composé un parcours atypique. A travers des études de Design Graphique et d’Espace, Communication Visuelle, ainsi qu’avec deux Bachelor en Management de l’Événementiel Artistique et du Marché de l’art, j’ai acquis une palette de connaissances et de compétences complémentaires et nécessaires à cet environnement. Je travaille actuellement depuis Berlin, une ville qui pour moi est culturellement et géographiquement un important point de rencontre pour l’art contemporain.

FionaPour ma part, je me suis installée à Paris pour y faire une licence bi-disciplinaire d’Histoire de l’Art et Anglais. Ensuite, je me suis orientée vers une approche plus critique par le biais du Master Théories des Arts et de la Culture à la Sorbonne, avec un enseignement axé sur l’esthétique et les études culturelles. J’y ai trouvé un intérêt dans l’étude et la réflexion des différentes pensées contemporaines, cela permettait aussi de se détacher d’une certaine mythologie de l’art et finalement d’aborder l’art sous l’angle de la recherche théorique et avec une certaine distance et un aspect plus actuel à mon sens.

Shimabuku

Comment s’est formé le duo « SCANDALE Project » ? Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce projet ?

Le duo SCANDALE Project s’est formé suite à un besoin de connexion à l’art contemporain. Impossible de prendre forme physiquement au départ dû à certaines contraintes géographiques, nous avons matérialisé le projet online. Nous avions envie d’une plateforme avec une liberté dans la forme et une certaine accessibilité. Le but premier a toujours été de promouvoir les artistes émergents On et Offline tout en suggérant notre vision de l’art contemporain qui tend à évoluer au fil de nos choix et de nos réflexions. De plus en plus, nous tentons d’explorer cette vision en proposant une ligne curatoriale qui tend à se matérialiser par l’exposition.

Le Projet n’est pas statique, il est en constante évolution, à l’image de la vision que l’on propose, actuelle et en mouvement. À la fois de façon physique et digitale, nous tentons de présenter et représenter au mieux les artistes que nous suivons à travers différents médias (plateforme web, réseaux sociaux, publications papier et numériques, expositions et résidences).

 

Shimabuku
Shimabuku

Nos choix évoluent mais s’imposent de manière assez organique sur le SCANDALE Project. Une vision curatoriale encore en construction commence à s’esquisser avec la volonté de conserver un ancrage lié au réel.  Avec un léger recul, le paradigme nature versus technologie se distingue sans pour autant restreindre ce que l’on propose à cette problématique. Les artistes que nous proposons ne se définissent que rarement par le médium utilisé.

Cette recherche du dispositif nous intéresse aussi dans sa traduction plastique qui peut passer de l’image à l’objet jusqu’à l’immatériel selon le geste artistique. Nous refusons de créer des catégories enfermant des concepts et des pratiques artistiques. Le SCANDALE Project est voué à évoluer mais nous tenons à conserver une liberté et une ouverture dans la forme et les propositions. Nous avons chacune des parcours, des esthétiques et des conceptions différentes tout en restant extrêmement complémentaires. Le SCANDALE Project est une matrice qui nous permet d’unir nos différences et donner vie à des idées et projets entrecroisant nos visions respectives.

Le Projet n’est pas statique, il est en constante évolution, à l’image de la vision que l’on propose, actuelle et en mouvement.

Shimabuku

Vous revenez des Açores pour un projet d’exposition, comment s’est déroulée l’expérience ?

Fiona – Nous avons été choisies par Re_act Contemporary pour faire le commissariat d’exposition au terme d’une résidence de deux semaines aux Açores à laquelle nous avons pris part. Le projet était de mettre en place une sorte de laboratoire pour les artistes mais aussi les curateurs. Nous avons donc choisi 4 artistes (Bahar Yürükoğlu, Ewa Doroszenko, Plasticity et Joao Paulo Serafim) que nous avons accompagnés au fil de cette résidence jusqu’à l’organisation de l’exposition finale.

Lucie – Pour une première expérience de commissariat d’exposition, on peut dire que c’était un challenge. Nous avons travaillé en amont les problématiques et échangé avec les artistes mais une fois sur place tout le monde découvrait en même temps l’île, le lieu d’exposition, les possibilités, les avantages ainsi que les contraintes. Le plus intéressant pour nous était l’accompagnement des artistes, l’immersion et le suivi du processus créatif de chacun. Voir naître d’une expérience partagée, leur vision prendre vie sous des formes, esthétiques et angles totalement différents était fascinant.

Au-delà de l’aspect technique que comporte l’organisation d’une exposition, nous avons pris beaucoup de plaisir à travers les échanges que nous avons pu avoir sur la pratique de chaque artiste et l’acte curatorial, notamment dans ce contexte éloigné des codes de l’art contemporain des mégalopoles. Ce format de résidence a le mérite d’exister et de mettre en place des propositions nouvelles tout en offrant une chance et des enjeux différents aux jeunes artistes et commissaires.

Jonathan Bréchignac - Alien Rocks
Jonathan Bréchignac - Alien Rocks

Parlez-nous de votre sélection curatoriale pour La peau de l’ours…

Pour cette première sélection curatoriale avec La peau de l’ours nous présentons le travail de Jonathan Bréchignac sous la forme d’une exposition personnelle. Nous suivons de près sa pratique, sa recherche plastique et échangeons régulièrement. L’exposition tend à s’apparenter à un écosystème, où chaque pièce se répondent et convoquent des notions tels que le biomimétisme, le temps géologique, l’Anthropocène, l’humain et le non-humain, l’organique et l’inorganique. Chaque pièce part d’une observation de la matière, qu’elle soit “naturelle” ou synthétique. La recherche plastique de Jonathan Brechignac propose des formes hybrides voire non identifiées.